Il y a un peu plus de vingt ans, je commençais à visiter les lycées de l’Académie de Reims pour y rencontrer les équipes de professeurs prenant en charge ce nouvel enseignement qui succédait aux «fabrications mécaniques» : la «productique». Pendant 20 ans, j'ai animé puis accompagné cette aventure de l'enseignement de la productique en lycée dans l'académie de Reims. Pendant plus de 10 ans, j'ai participé à l'IUFM de Reims à la formation initiale des professeurs destinés à prendre en charge cet enseignement.

Au moment où la voie technologique en lycée va subir une transformation majeure, j'ai voulu rappeler ce que nous avions tenté de faire, souligner la richesse de notre aventure commune.

Notre voyage se finit dans des conditions troubles et dans un contexte de délitement qui pourraient nous laisser l’impression que ce qui a dominé l’aventure, c’est le naufrage dans lequel nous avons le sentiment profond d’être emportés, d’autant que la tempête a déjà jeté par-dessus bord de nombreux membres des équipages, dans un silence assourdissant autour de nous.

Je veux donc rappeler ce qui, dans ce voyage, justifie que nous nous soyons engagés avec enthousiasme, avec une énergie parfois considérable, une conviction souvent partagée, des doutes aussi, des débats et des échanges vifs, des approches parfois différentes.

J'ai voulu dire une fois encore, d’une façon un peu solennelle, ce que nous avons fait, et que ce que nous avions fait méritait de l’être, même si, bien sûr, notre entreprise a été faite de succès, et d’échecs aussi.

La lettre proposée ici a été adressée aux professeurs de productique d'une académie... et d'ailleurs. Elle s'adresse aussi à tous les professeurs qui se sont engagés avec énergie dans l'aventure de la filière technologique industrielle, quelle qu'en soient l'option et la spécialité.